Qui n’est pas arrivé au travail, un lundi matin pétri de bonnes résolutions pour commencer la semaine sur des chapeaux de roues, et s’apercevoir avec consternation, le manteau encore sur les épaules, que son entreprise – son commerce ou son cabinet- était devenu durant le week-end une piscine, les murs une éponge bien imbibée et la moquette, un jardin qui vient d’être arrosé. Le dégât des Eaux (DDE) est l’un des sinistres les plus courants, les plus anodins qui touchent régulièrement nos locaux professionnels. Il est même relativement récurrent lorsque votre commerce est situé en rez-de-chaussée, que vos bureaux occupent le dernier étage de l’immeuble ou que votre voisin du dessus, dispose d’une superbe terrasse. Tous les assureurs vous le diront ces situations sont des zones à risques. Inutile d’évoquer ici la proximité d’un étang, d’un réservoir ou d’une rivière car ces dispositions sont relativement rares dans les métropoles.
Pour le DDE, les causes sont toujours les mêmes. Tout d’abord la faute qui incombe à un tiers, le voisin qui a laissé couler un robinet près de la machine à café ou un joint défectueux d’alimentation d’un laboratoire qui a lâché. La maladresse ou l’inattention peuvent aussi venir de chez vous, l’oubli, l’absence de précaution, une porte fenêtre laissée ouverte pour aérer qui fait pénétrer l’eau ruisselante, une chasse d’eau des toilettes de l’étage détraquée, un petit réfrigérateur de bureau dont on a oublié de fermer la porte et dont la glace fondue se répand sur l’ordinateur portable posé à proximité. Ensuite, les catastrophes naturelles, les tempêtes, la neige dont l’eau s’infiltre par la toiture ou par les façades ou un événement exceptionnel tels que la rupture d’une canalisation municipale des eaux usées, le refoulement d’égouts ou l’intervention des Pompiers dont les lances sont heureusement efficaces et généreuses mais ne sont pas des frappes chirurgicales.
Alors quand cela arrive vous êtes bien embêté pour vos meubles, vos outils informatiques, votre stock, votre vitrine, vos archives. Et pas tellement par la crainte de ne pas être assuré. Si vous avez payé votre prime d’assurance aucun souci à vous faire: Tous les contrats d’assurance multirisques professionnels comportent une garantie DDE. Vous pouvez la retrouver dans les conditions particulières – le contrat – que vous a remis votre assureur ainsi que dans les dispositions générales un livret, assez technique, afférent au contrat qui doit se trouver dans votre placard et que vous n’avez jamais regardé. Mais ne vous inquiétez pas plus que de raison, les assureurs couvrent la plupart du temps les « dommages matériels au bâtiment ainsi qu’aux matériels, marchandises… les embellissements… les frais de recherches de fuites y compris les frais de remise en état qui s’en suivent… »
La seule poire d’angoisse est l’étendue et le montant des garanties couvertes. C’est la question primordiale. Et c’est là que vous allez pouvoir commencer à éponger… votre front ! Les montants d’indemnisations prévus au contrat seront-ils suffisants pour payer le remplacement des biens endommagés, permettre la réfection du plafond, des murs et régler les frais financiers de crédit-bail ou de relogement ? En effet, depuis la souscription de votre contrat, votre entreprise a grandi, vous avez embauché, votre équipement s’est étoffé mais votre contrat, si vous n’avez pas eu le moindre incident, n’a pas réellement bougé. Si, votre prime d’assurance a régulièrement augmentée. Mais vos garanties ?
Alors dès que vous avez un moment, sortez votre contrat et comparez le montant de garanties aux sommes qu’il faudrait investir pour remplacer vos biens si vous étiez, demain, victime d’un DDE. Cela est peu enthousiasmant mais demandez à votre assureur de faire un point actualisé sur votre contrat. Et si les conditions vous semblent prohibitives faites jouer la concurrence. Aujourd’hui, beaucoup de contrats se valent ! Et n’oubliez-pas qu’en cas de sinistre DDE, si vous êtes responsable vous pouvez voire déduire une franchise, que certaines des garanties sont « plafonnées » en « nombre de fois l’indice » et que l’on remboursera des factures toujours hors taxes, si vous êtes un professionnel.
Bernard COHEN-HADAD, fondateur de assurersapme.fr
Article publié en mars 2011 : Dynamique entrepreneuriale